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  • Nathalie Popiolek

Quand Edvard Munch peint "l'éblouissement de l'éveil au savoir"

Parmi les œuvres du peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944) destinées à décorer la salle de réception de l'université de Kristiania (ancienne appellation de l'université d'Oslo), Le soleil occupe une place centrale. L'artiste "veut y représenter la puissance régénératrice de la lumière, l'espoir qui nait avec le jour nouveau, et l'éblouissement de l'éveil au savoir".[1]


Le Soleil (1912) exprime la fascination de l'artiste pour la lumière.


Munch avait également peint pour l'université de Kristiania, La Montagne humaine, œuvre finalement rejetée par le jury. Le peintre avait choisi cette iconographie représentant "un enchevêtrement de corps s'élevant vers le ciel, pour symboliser l'élévation progressive de l'espèce humaine vers le savoir".[1]


La Montagne humaine (1909)

symbolise l'ascension vers la lumière et le savoir.

"L'Homme nouveau, au sommet de la montagne [est] éclairé par la connaissance".[1]

D'ailleurs, en 2011, le Centre Pompidou rendait hommage au caractère moderne et avant-gardiste de l’œuvre de Munch et mettait en avant le goût du génie norvégien, pour les sciences et les progrès techniques.[2]


Les Filles sur le pont (1901), tableau décliné en 12 versions au cours de la vie du peintre, chacune pour exprimer, par le choix des couleurs et de la luminosité, une émotion particulière


Car Edvard Munch n’est pas uniquement l’auteur du Cri. S’il a ausculté la mort, l’amour, la douleur, l’angoisse, la solitude, il s’est aussi attaché à l’Autre, à la vie, à l’actualité et à la nature. En 1929, il écrit:

"On ne peut plus peindre des intérieurs avec des hommes qui lisent et des femmes qui tricotent. On peindra des êtres vivants qui respirent et qui sentent, qui souffrent et qui aiment".[3]

D'une grande modernité, non ?


[1] Exposition Edvard Munch du 20 septembre 2022 au 22 janvier 2023 au musée d’Orsay, en collaboration avec le musée Munch d’Oslo

[2] Exposition Edvard Munch, l’œil moderne au Centre Pompidou, du 21 septembre 2011 au 9 janvier 2012

[3] POGGI, Jérôme. Edvard Munch : Ecrits. Dijon: Presses du Réel, 2011, p. 23


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